APRES LA DECISION DE SURSEOIR A LA REVISON CONSTITUTIONNELLE : La République délivrée


Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, monte de popularité auprès de la population. Cette montée s’explique par sa sage décision de reporter l’organisation du referendum sur la révision constitutionnelle. Maintenant, le président devrait en profiter pour réconcilier davantage le peuple.

Est-ce souhaitable de gouverner un pays et ne « pas suivre l’avis du peuple » ? Ne pas suivre son peuple n’est-il pas suicidaire ?..

Elu par plus de 77 % des Maliens, le président de la République a fini par avoir une oreille attentive à la demande d’une partie de son peuple, le vrai, qui, deux mois durant, a protesté contre son projet de révision constitutionnelle. Durant deux long mois qui ressemblaient ainsi à une éternité, les partisans du « Non » et du « Oui » à la révision constitutionnelle ont chauffé à blanc la République. Que de coups tordus donnés ! des invectives lancées ! des crocs-en jambes qui ne respectaient plus la règle de la lutte, pardon de la démocratie, administrés de part et d’autres. En prenant la décision de suspendre la révision, IBK a agi en vrai homme d’Etat.

Les appels au dialogue inclusif, à la cohésion nationale, à l’unité des Maliens, à la nécessité pour les Maliens de regarder dans la même direction, à la paix au Mali, prononcés dans son discours à la nation, donnent lieu à une véritable « retrouvaille » entre le président et son peuple devenant ainsi « le président de tous les Maliens » comme il l’a dit dans son discours d’investiture.

Ceux qui contestaient son projet de révision constitutionnelle reconnaissent qu’IBK a bien agi et commence à se faire une popularité, même si celle-là est encore en déça de celle de 2013.

Dr Oumar Mariko, président du parti Sadi a, au cours du meeting de la Plateforme, samedi dernier a dit : « le président de la République a marqué un point ». Ce jeune « loup » politique a toujours été ces dernières années critique et virulent sur la gestion d’IBK.

Depuis son revirement dans l’opposition, Dr Mariko n’a cessé de jeter le discrédit sur la personne d’IBK.

D’un président contesté, IBK est devenu aux yeux du virulent Mohamed Youssouf Bathily, communément appelé Rash Bath, membre de la Plateforme un « homme ouvert au dialogue » qu’ils ont rencontré. (Ndlr : IBK a rencontré la Plateforme vendredi à Koulouba avant son adresse à la nation).

Au sein de l’opinion nationale, la pluspart des personnes approchées estiment que le président de la République a joué la carte de la sagesse, de l’apaisement. « C’est la République qui est délivrée », a dit ce chef de quartier qui prédisait un chaos à cause de la tension qui y régnait.

Pour un analyste politique, sociologue, plusieurs traits de leadership auparavant reconnus à IBK ont soudainement réapparu. L’analyste politique a même vanté « l’humanité d’IBK, le sérieux de son processus décisionnel, son calme sous la pression et son optimisme tenace ». Ce qui à ses dires, fait de lui, « un président qui reste à l’écoute de son peuple, un homme d’Etat». « Celui-là (Ndlr : IBK) que nous avons vu pleurer en 2007 pour le Mali, pour le bonheur de nos enfants ne doit pas laisser la République aller à vau-l’eau », a déclaré une paysanne analphabète de Dïola.

Président d’un Mouvement de jeunes : « Le Mali debout », qui « réclame justice pour tous les Maliens », M. Traoré qui ne partage pas les avis de l’analyste politique voit aujourd’hui « le président IBK plus positif depuis son élection en 2013 ».

Le président de la République devrait profiter de cet acquis pour rassembler davantage les Maliens de tous bords, s’ouvrir complètement à ses compatriotes, et accepter les critiques, les discussions sur les sujets d’intérêts nationaux, comme dit le philosophe « c’est de la discussion que jaillit la lumière ».

Et cette lumière, le Mali l’a retrouvée. Maintenant, il appartient au président et au peuple de l’entretenir pour qu’elle ne s’éteigne pas, pour le bonheur des Maliens, la prospérité du Mali. Que de chemin parcouru ! Que d’obstacles franchis.

Amadou Sidibé

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