CHRONIQUE DU MARDI : Nouvelles exigences de sécurité


Convoqués rapidement par les ordonnateurs interntationaux de la démocratie républicaine en Afrique pour établir l’Etat des Droits de l’Homme, de la Femme, des Enfants, des Animaux, de la Terre, etc, nous voici à nouveau ballotés, pour passer, à une vitesse exponentielle inverse, à l’état de surveillance très rapprochée de chaque son, ombre et lumière émis sur nos traces. Pas d’écoute satellitaire, pas de fouille corporelle, pas de vol, pas d’entrée au banquet VIP, pas d’accès au service pour tous car la sécurité de l’un fait l’insécurité de l’autre en cette mobilité planétaire devenue particulièrement dangereuse pour des raisons de préséance. Au bas de l’échelle sociale mondialisée, les nouveaux porteurs et poseurs de bombe, masqués derrière leur hérétique lecture du Saint Coran, ont ici même choisi l’enfer face à l’inconscience jouissive de ceux qui croient s’offrir le paradis à chaque transaction marchande. Comme si la paix – qui a un coût très élevé – pouvait s’acheter au coin de la rue des martyrs du capital et du travail. La liberté des uns s’arrêtant là où commence celle des autres, la frontière entre la vie et la mort relève désormais d’une imagination inimaginable il y a si peu de temps. De grâce humanitaire, il va donc falloir se remettre au delà de chaque tombe pour mieux se positionner au dedans de celle à creuser. Pelles à la main, pour être ou ne pas être, ce point de passage ciblé, confondu parfois avec l’arrêt définitif sur image. Et quand il s’agit de repartir autrement, ressuscité dans une forte dynamique de changement des relations de pouvoir, sans droit à la dictature de l’universalité, quelle est la pensée politique panafricaine qui fera la différence économique entre l’humanité et l’animalité de l’espèce en voie de disparition ? Plus jamais, le monde ne sera le même prêt à consommer. Est-ce la fin du monde ? Certainement pas, car Il est le Seul à savoir le temps – de vie et de mort- que personne et peuple ne peut devancer ni retarder, destin oblige ! Une grâce pédagogique du Très Miséricordieux, Veilleur sur tout, accorde à nos faibles cerveaux de s’ouvrir sur des destinations originales, largement accessibles, malgré les nouvelles exigences de la sécurité. Comment y parvenir en ne saisissant pas l’instant béni de Lui consacrer la prière incontournable pour gagner la paix de l’esprit et la santé du corps, à l’intérieur et à l’extérieur de la ligne rouge ? Aucune éphémère puissance par impuissances ne saurait artificiellement servir de substitut aux tares produites par l’ingratitude de nos propres actes. Ancienne ou nouvelle, il n’y a de sécurité qu’en Dieu. Et « à quelque chose, malheur est bon » à notre époque tordue à tous les égards et flouée par tous les regards vides qui autopsient les vivants pour se donner l’illusion mortelle de voir l’invisible en l’Homme. Sont ils capables de créer une mouche interroge le Coran. Et que dire de la sincérité du fou aux hypocrites qui font foi et loi ? Sa vérité a l’avantage de la nudité sur les frauduleux habillages. Lesquels ont peine à cacher sur scène dorée les failles des sermons de circonstance et des jugements de valeur sans saveur. Le premier concerné par le mal est bien celui qui le dit des autres si bien qu’il ne faut jamais rien dire, tout en se disant tout, sans peur de se parler, de méditer et de dialoguer avec le pire. La sécurité par le silence exige le monologue du fou qui finit par être un saint en ces temps où on ne sait plus à qui se vouer. Combien sont-ils à Tombouctou, Kidal ou Kayes ? Le problème de l’insécurité à Bamako, c’est d’abord celui de la paix en nous-mêmes. Et il est rare de rencontrer des citadins capables sincèrement de se sacrifier au lieu de se faire dévorer par le diable de la circulation pervertie. Tant nous sommes intimement tenus par l’intelligence des faux fuyants qui font office dans la jungle civilisée de lion débout incapable de rugir. Ici ou ailleurs, dur de vivre et de savoir mourir quand les spécialistes de la douleur, en sciences politique et économique, font désormais bonnes œuvres médicales. Hamidou Magassa CERNES

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *