CONTRE LA REVISION DE LA CONSTITUTION : La Plateforme se fait entendre à nouveau


Une nouvelle manifestation contre la révision de la Constitution a été organisée le 15 juillet à Bamako et dans certaines capitales régionales par la Plateforme « Antè à bana, Touche pas à ma constitution ». Des centaines de milliers de manifestants ont occupé les rues pour demander au président IBK d’abandonner son projet de référendum qu’il entend organiser.

Les messages sur les banderoles et les pancartes étaient sans appel. On pouvait notamment lire : « Non au référendum, insécurité résiduelle au nord et au centre, le collectif SOS Adema dit NON à la révision de la Constitution, Non, Non au bricolage de la constitution de 1992 et entre autres ».

Par ces slogans, le ton était donné pour protester contre le projet de loi portant révision de la Constitution. Les partis politiques de l’opposition, des artistes, la CSTM, des membres de la société civile, tous, membres de la Plateforme « An tè a Bana, Touche pas à ma Constitution », farouchement opposés au projet de loi portant révision de la constitution, ont battu le pavé le samedi 15 juillet à Bamako et dans presque tout le Mali pour exiger le retrait pur et simple du projet.

Dans la déclaration de la Plateforme, l’on retient que la marée humaine de ce jour est le témoignage éloquant de la détermination des forces vives du Mali à combattre « le mépris, l’arrogance, l’autisme et les tentatives d’instaurer dans notre pays un pouvoir personnel rétrograde ».

Selon les organisateurs, la mobilisation de ce jour est un signal fort, « un carton rouge au président de la République, au gouvernement et au ministre de la Réforme de l’État qui sont allés chercher à l’étranger une constitution qu’ils voudraient substituer à celle adoptée par le peuple souverain du Mali au lendemain de la conférence nationale de toutes les forces vives du pays ».

Dans son argumentaire, la Plateforme persiste sur le fait que « la révision de la constitution en ce moment d’insécurité grandissante et d’occupation du Nord avec absence de l’Etat malien à Kidal est une violation de l’article 118 de la loi fondamentale » qui, selon elle, n’autorise pas une révision. Et l’opposition politique de rappeler l’insécurité résiduelle dans le pays notamment avec la guerre d’Anéfis, l’embuscade meurtrière contre les FAMa à Ménaka, les attaques contre les postes de gendarmerie dans tout le centre, les 100 coups de fouet infligés aux agents municipaux à Korienzé, les tribunaux islamiques, les humiliations subies par les chefs de villages et les notables dans les cercles de Ténenkou et de Youwarou, le drapeau national descendu, plié et rangé à Kouakourou ( Djenné), autant d’éléments, estime-t-on à la Plateforme qui obligent le gouvernement à retirer purement et simplement son projet de loi portant révision de la constitution.

Selon la Plateforme, le message envoyé au président de la République est clair « il invite le président à retirer le projet et de renoncer à cette révision constitutionnelle ».

Pour Modibo Sidibé, président des Forces alternatives pour le renouveau et l’émergence (Fare anka wili), cette marche est « une invite des masses laborieuses, au président de la République à retirer le document pour l’intérêt de la nation

De Kayes à Koulikoro en passant par  Ségou et Mopti, ce sont des centaines de militants en faveur du Non qui ont battu le pavé pour demander aux autorités de retirer définitivement le projet de loi.

Pour rappel, les députés de l’opposition ont attaqué le texte devant la Cour constitutionnelle le 14 juin pour inconstitutionnalité. Lors d’une conférence de presse animée le 10 juin dernier à la Maison de la presse de Bamako, Tiébilé Dramé, président du Parti pour la renaissance nationale (Parena) indiquait que cette tentative de révision constitutionnelle divise le pays.

Idrissa Sako

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