DJENNE : le barrage attaqué et vandalisé


Le jeudi vers 2 heures du matin, des djihadistes ont pris pour cible le site de l’ouvrage du barrage de Djenné. Les assaillants ont saccagé, volé, brulés les grues…

A Djenné, personne n’a été surpris de cette attaque des djihadistes puisque tout le monde s’y attendait. Et cela après avoir alerté et crié sur tous les toits de l’imminence de l’attaque, aucune oreille attentive n’est venue au secours. Même les journaux avaient prédit cette éventualité. Déjà, le mardi 9 janvier dernier aux environs de 18 heures, sur le même site du seuil, une équipe de la Garde nationale du Mali, en patrouille, a été attaquée par les mêmes djihadistes. Venus très nombreux en motos, les assaillants ont ouvert le feu sur les éléments de la garde nationale qui patrouillaient sur le site du barrage de Djenné. Ces derniers ont riposté énergiquement. Malheureusement et dans cette réplique un élément de la sécurité nationale est tué. Aussi, 5 autres gardes ont été grièvement blessés dont le chef de peloton. Les djihadistes ont brulé le pic up de la garde nationale dans le combat.
Cette attaque de janvier devait alerter les autorités en charge de la sécurité pour protéger le barrage de Djenné en finition de construction. Même l’attaque de Soumpi dans le cercle de Niafounké devait servir de leçon car c’est le même mode opératoire. Hélas ! Ce jeudi, les mêmes hommes parlant arabe, bambara, peulh au nombre d’environ 40 personnes sur une vingtaine de motos ont attaqué le site du barrage de Djenné apparemment sans surveillance « sérieuse ». Ils djihadistes sont venus avec des bidons d’essence pour bruler tout ce qui est inflammable, malgré, l’interdiction de la circulation en moto dans la zone. Les populations ont peur d’informer les autorités craillant des représailles de la part des djihadistes, encore que nos autorités manquent très souvent de réactivité. Alors les assaillants se sont comportés comme des éléphants dans un champ de maïs, sans aucune résistance. Ils ont d’abord avertis les vigiles, les travailleurs sur le sentier, et les sud-coréens de quitter les lieux et de bruler tout ce qui peut être brulé et emporter ce qui est possible notamment de l’argent. Tranquillement. C’est donc un investissement de plusieurs dizaines de milliard qui vient d’être saboté.
Le seuil de Djenné avait plusieurs objectifs : l’irrigation de plus de 10 000 ha, la construction d’un pond permettant de rentrer à Djenné directement sans passer par le bac, avec aussi des infrastructures connexes. Les principaux bailleurs sont : l’état malien, la Banque africaine de développement, des pays arabes etc. Ce programme a été le plus difficile des programmes à mette en place par l’état malien. Tout a commencé depuis les règnes des présidents Modibo Keita, Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré et c’est le président Amadou Toumani Touré qui a réussi à convaincre les populations de Djenné (hostiles) pour le démarrage de ce programme. A l’occasion, malgré son statut de président, il est venu présenter des excuses et l’autorisation aux Djennekés pour le premier coup de pioche. Ibrahim Boubacar Keita a continué l’œuvre et à même rendu un vibrant hommage à son prédécesseurs lors d’un autres lancement d’un autre aspect de ce programme.
Les questions dont on se pose : pourquoi a-t-on négligé le coté sécuritaire du barrage de Djenné ? A quand la reprise du sentier ? Comment convaincre aux entreprises de revenir après un tel désastre.
Le seuil de Djenné a plusieurs objectifs : l’irrigation de plus de 10 000 ha, la construction d’un pond permettant de rentrée à Djenné directement sans bac. Le Pdi-Bs est un investissement de plus de 35 milliards. Les principaux bailleurs sont : l’état malien, la Bad, les pays arabes etc.
Correspondance particulière

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