EDUCATION AU AMLI : Le faible taux de scolarisation et de réussite des filles


Le ministère de l’Education nationale vient de publier un rapport d’étude sur l’identification des problèmes affectant la scolarisation des filles. Les résultats de cette étude ont été présentés mercredi 26 août 2015 aux acteurs et partenaires afin qu’ils puissent faire matière à la programmation du Prodec II.

De nos jours au Mali, sur 10 filles, moins de 6 entrent en 1ere année de l’enseignement fondamental et seulement 4 complètent le fondamental 1. Les taux d’achèvement du primaire montrent que moins de filles finissent leur scolarité par rapport aux garçons et que les écarts entre les sexes ont tendance à se creuser tout au long de l’avancée du cursus scolaire.

Une fois scolarisées, elles ont souvent des taux élevés de redoublement, d’échec et d’abandon qui se traduisent par un faible taux d’achèvement du fondamental 1. Au niveau du fondamental 2, les disparités entre filles et les garçons sont encore plus marquée et les taux bruts de scolarisation, d’admission et le taux d’achèvement restent très faibles que ce soit pour les filles ou pour les garçons.

Le rapport révèle qu’il existe à ce niveau un problème systémique de scolarisation pour le fondamental 2. En 2013, 14,44 % des filles et 56,8 % des garçons ont accédé au fondamental 2 et 24,5 % des filles et 32,6 % des garçons l’ont achevé. Ce qui révèle un rendement interne très faible.

L’étude a été commanditée par le ministère de l’Education nationale, réalisée par une consultante internationale, Charlotte Sedel, et financée par le bureau de l’Unicef au Mali.

Selon le directeur national de l’éducation, le taux brut de scolarisation des filles avoisine les 64 %, un chiffre qui ne reflète pas l’objectif de plus de 70 % recherché.

Pour lui, Les résultats auxquels la recherche a abouti constituent un atout majeur pour le développement de comportements et pratiques positifs en faveur de l’éveil des droits des enfants au Mali. Ils serviront également de matière à la préparation du Programme décennal de développement de l’éducation (Prodec II).

Cette étude qui devait être un appui aux efforts déjà consentis en matière de scolarisation des filles, se trouve être la seule directive pour booster le secteur. Parce que, selon les acteurs du rapport, la réalisation de cette étude résulte de l’absence de capitalisation et d’évaluation des expériences mises en place en faveur de la scolarisation des filles.

Selon le rapport, malgré les efforts qui ont été faits pour augmenter la scolarisation, le Mali ne sera pas en mesure d’atteindre les Objectifs du Millénaire de scolarisation primaire universelle en 2015. En vue d’atteindre cet objectif, le rapport souligne que le Mali doit non seulement augmenter son taux brut de scolarisation dans l’enseignement fondamental pour les filles et les garçons, mais surtout il doit s’assurer que les enfants scolarisés achèvent leur cycle.

Cette prospection interpelle tous les acteurs de l’éducation qui doivent se mobiliser davantage et coordonner leurs efforts pour être plus efficaces. Elle se veut aussi et surtout un précieux instrument de plaidoyer et de communication sociale des acteurs auprès des décideurs pour booster leur engagement en faveur de la scolarisation des filles.

Aminata Traoré

 

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