ENQUETE SUR L’ENLEVEMENT DE LA SŒUR GLORIA : Les zones d’ombre


La gendarmerie de Koutiala a présenté à la justice des « suspects » qui ont été jugés. Juste pour se donner bonne conscience ?

Il y a beaucoup de faits troublants dans l’enquête sur l’enlèvement de la religieuse à Karangasso. Les gendarmes ont mené une enquête des plus bâclée, avec la complaisance du juge d’instruction qui ne s’est pas déplacé une seule fois sur le terrain. Il n’y a pas eu non plus une seule reconstitution ! Mieux, les malfaiteurs n’étaient pas cagoulés, il était donc facile de faire leur portrait-robot, si seulement les enquêteurs s’en étaient donné la peine.

En lieu et place, c’est 4 pauvres hères qui ont été arrêtés et inculpés. Il s’agit de trois chauffeurs et d’un randonneur parti ramasser des feuilles mortes pour faire de la fumure et qui a eu le malheur d’avoir avec lui un fusil de chasse non chargé, comme du reste tous les paysans qui ont gardé l’habitude de se promener avec des couteaux ou des fusils.

Parmi les trois autres, un était sorti de chez lui avec un pistolet de fabrication artisanale, un pistolet qui s’est déclenché. Dans le PV de l’enquête, le fusil de chasse et le pistolet sont devenus des « armes de guerre ».

Les 4 personnes qui sont sous le coup de 6 chefs d’inculpation, se sont présentées d’elles-mêmes à chaque convocation. Même pour le procès à Bamako, ils ont fait le voyage à leur frais. C’est dire que s’ils étaient complices, ils avaient toute la latitude de disparaître dans la nature.

On l’a dit : dans ce pays, aucune enquête n’aboutit et celle-là ne fait pas exception. D’ailleurs, tout se présente comme s’il y a une complicité à l’échelle nationale. Après l’inculpation des 4 personnes, les autorités ecclésiales de la localité ont fait un communiqué pour s’interroger sur ce que devient l’otage. A la lecture à l’ORTM, ce communiqué s’est transformé pour être présenté comme une réjouissance de ces autorités face aux arrestations.

Nous y reviendrons.

Alexis Kalambry

3 Responses to ENQUETE SUR L’ENLEVEMENT DE LA SŒUR GLORIA : Les zones d’ombre

  1. Karangasso dit :

    Bonjour,
    Depuis le début, cette affaire a été menée avec une désinvolture rare. On ne peut pas parler de « terroriste » et en même temps bâcler cette affaire en évitant soigneusement tous les indices qui auraient pu aider une vraie enquête. Pourquoi le Juge parle d’arme et de munition de guerre alors que personne n’a rien saisit de cette nature ? Pourquoi le Juge n’organise pas une reconstitution des faits aussi gravissimes pendant que les survivantes sont bien accessible (il y a eu des Soeurs qui ont survécu à l’attaque et qui ont tout vu!). Pourquoi l’Eglise elle même est rentrée dans une logique de « présomption de culpabilité ».
    Pauvre Mali!

  2. DEMBELE alain dit :

    Le faible a toujours tort je jure sur la sainte bible qu’un chretien par tentation voler l’argent mais jamais enlever un pretre ou une soeur que la croix du christ porte le drapeau de la verite

  3. T.Sankara dit :

    « A la lecture à l’ORTM, ce communiqué s’est transformé pour être présenté comme une réjouissance de ces autorités face aux arrestations. » Quoi? Quoi et puis Quoi???????

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