FESTIVAL FUDASSI 2018 : Ou la cérémonies de Circoncision collective


Placé sous le thème « culture facteur de paix, de rapprochement et de cohésion sociale » le Festival a été organisé par le musicien Salif Keita et la jeunesse du Mandé entre les 25 et 26 février 2018 à Badougou-Djoliba. Cette festivité a mis sur scène par des simulations, toutes les cérémonies qui accompagnaient « les circoncisions collectives ».

Pendant deux jours, sur la grande place de la ville, des artistes musiciens, des chasseurs, des chanteurs traditionnels, se sont retrouvés pour animer le festival Fudassi. C’était sous la présidence du directeur national adjoint du patrimoine culturel, Sidi Lamine Koné en compagnie du maire du Mandé, Modibo Issa Keita, les notabilités et plusieurs autres invités.
« Trois secrets voilaient la paternité à l’enfance, dont la circoncision, le mariage et le baptême », a expliqué Tamba Keita, enseignant à la retraite. A en croire, M. Tamba, le dévoilement de chacun de ces secrets, faisait l’objet de grandes manifestations.
Selon lui, les manifestations qui accompagnaient « la circoncision collective » ou le (Fudassi), sont riches en formations et éducations. M. Keita a expliqué que le Fudassi comprend des étapes qui sont des rituels comme le « Fléntie » (casse de calebasse ou une sœur de chaque futur circoncis venait danser au rythme du tam-tam afin de sauter sur la calebasse et la casser. Il a ajouté que les morceaux de calebasse servaient d’instrument musical appelé (Wassamba) pour le circoncis.
Après le Fléntie, dit-il, vient le Kalagossi où le futur circoncis est initié à l’utilisation de l’arc et de la flèche. Cette étape montre son passage au statut d’homme accompli, a-t-il ajouté. « Après cela, ils sont rasés pour être conduits dans les bois sacrés. C’est ainsi qu’au lendemain, ils sont devenus hommes par une circoncision qui laisse tomber le premier voile entre le père et le fils. L’événement est annoncé par un grand coup de fusil et une danse des mamans appelées (Fadi-fadi bla) », a relaté Tamba Keita.
Le festival Fudassi a mis en scène toutes ces étapes par simulation, 34 enfants ont été présentés et circoncis. Selon les explications de Dr Mohamed Keita, après la circoncision, les enfants sont tenus éloignés pendant 3 mois. Pendant ces 3 mois, l’enfant est éduqué à tous les aspects positifs de la vie en société.
Pour lui, cette initiative de Salif Keita vise à ramener cette pratique médicalisée et bien encadrée pour trouver des solutions aux bavures morales et les incohésions qui frappent nos sociétés.
L’initiateur du festival a dit l’avoir organisé dans le but de ramener certaines pratiques qui s’avèrent adéquates et indispensables au bon fonctionnement de la société malienne en générale et mandingue en particulier. Aujourd’hui, a-t-il confié, les enfants sont circoncis à bas-âge, ce qui a mis fin à ces cérémonies. Les prochaines éditions, nous essayerons d’organiser avec des vraies circoncisions cadrées et médicalisées, a-t-il auguré avant de préciser que « je ne dis pas l’excision. Je suis contre l’excision des filles, c’est de la mutilation ».
Tamba Keita, l’enseignant à la retraite n’a pas caché sa joie. Selon lui, cela lui fait plus de 40 ans qu’il n’avait pas vu de Fudassi. « Malgré que ce ne soit qu’une simulation, cela a remué nos souvenirs à tous. Les vieux sont contents par le retour du passé, les jeunes ont appris des choses qu’ils ignoraient », a-t-il-dit. « L’organisation m’a coûté 10 millions de F CFA sur fonds propre. Je n’ai pas eu de sponsor », a confié Salif Keita, dans l’espoir que la 2ème édition soit plus grandiose.
Koureichy Cissé
(stagiaire)

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