HARCELEMENT SEXUEL : LE POINT DE VUE DU SOCIOLOGUE


Une pratique courante dans les administrations
Dr Moussa Coulibaly, sociologue à la Faculté des sciences humaines et des sciences de l’éducation de Bamako (FSHSE) donne son avis sur le phénomène. A ses dires, le harcèlement sexuel est une pratique courante dans les administrations.

Selon Dr Coulibaly, le harcèlement sexuel est une pratique courante dans les administrations partout où une personne peut être placée sous une autorité. Il est considéré comme un enchaînement d’agissements hostiles et à connotation sexuelle dont la répétition est de nature à perturber une personne par rapport à son travail et à son équilibre psychologique et moral.
De ce fait, dans une administration un patron peut faire un harcèlement systématique en brandissant par exemple l’étendue de son pouvoir de décision et de son pouvoir matériel, notamment financier pour influencer une personne et la soumettre à des caprices, en ce moment ce harcèlement devient intéressé, car à la longue la victime peut être attirée par l’esprit sujet argent et elle peut succomber à la tentation.
Il affirme aussi qu’on peut retrouver une autre forme de harcèlement qu’on appelle « la promotion canapé » qui est l’échange d’une promotion, d’une nomination, d’où la victime peut être amenée à se livrer à son patron pour voir sa situation administrative améliorée.
Quand ceux-ci se réunissent, cela devient un danger pour le foyer de la victime qui vivra une polyandrie avec tout ce que cela peut entraîner comme conséquences (instabilité, risque de MST). Ainsi, s’il ne réussit pas, le patron verra son autorité foulée au pied, et perdra son autorité, l’orgueil le poussera à se venger de celle qui le défie et à la longue cela conduira au stress au travail, et pour le patron et pour celle qui a refusé de céder.
Le harcèlement peut avoir d’autres dimensions dont un employé rigoureux par exemple, sur les principes peut avoir une forme de harcèlement déguisée par l’isolement dont il peut être victime au service.
Malheureusement de nos jours, les tribunes sont rares ou des personnes victimes ont de la peine à se plaindre et demander réparation, car en général, les victimes souffrent en silence surtout les femmes qui restent encore véritablement « le sexe faible » face au phénomène.
Parmi les causes de consultations en Europe chez le psychologue, chez les jeunes femmes, le harcèlement occupe une place importante d’où il faut faire une prévention pour l’Afrique notamment le Mali où il y a rarement un procès pour punir ce fléau. En attendant, il faut envisager les moyens de répression et mettre en amont des numéros verts pour dénoncer les cas
Aichatou Konaré

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