HARCELEMENT SEXUEL : QUE DIT LA LOI


Dans les oubliettes !
Le Code du travail au Mali ne comporte aucune disposition concernant le harcèlement sexuel, ce qui fait que de nombreuses femmes ou même des hommes faisant l’objet de ce type de chantage viennent jusqu’à perdre leur emploi, même lorsqu’ils sont soumis à l’inspection du travail. Les cas de harcèlement sexuel sont aussi difficiles à prouver qu’à trancher.

Fait qui alimente régulièrement la chronique dans le pays, ce comportement abusif et blessant à connotation sexuelle n’était pas considéré comme un problème il y a quelques années. Le phénomène était en effet mal défini et ne donnait en général lieu à aucune protection juridique un peu partout.
Selon le rapport 2013 sur les droits de l’Homme au Mali, la loi malienne n’interdit pas le harcèlement sexuel et il s’est couramment produit dans nos différentes institutions sans aucun effort de prévention de la part des autorités.
Aziz Koné, chef du personnel et conseiller juridique de Bittar Impression relève : « qu’en effet que le Code pénal malien ne comporte aucune disposition relative au harcèlement sexuel. Tout comme le tribunal de Bamako n’a enregistré, à ma connaissance, aucun cas de jurisprudence qui pourrait servir de recours. Cette absence de dispositif juridique ne saurait signifier que le harcèlement sexuel n’existe pas ici chez nous. Mais la pratique y est plutôt assez courante au regard de ce qu’on enregistre dans le milieu du travail, d’où de nombreux agissements remplissent bien les critères du concept de harcèlement sexuel tel que défini sous d’autres cieux ».
Souvent de nombreuses femmes cèdent au chantage et dans ce cas, le maître chanteur peut penser qu’il ne s’agit pas d’harcèlement sexuel, puisqu’il y a consentement.
D’un point de vue purement morale, le consentement ne saurait être un argument s’il est obtenu au moyen de menaces ou de promesses au sujet d’un emploi, de même le silence ne signifie pas nécessairement qu’il y a consentement. « De nos jours, vu la gravité du phénomène, nous souhaiterons que le législateur prenne en compte cette situation tout en votant une loi spécifique afin que justice soit rendue aux différentes victimes. », a souhaité Aziz Koné.
Aichatou Konaré

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