HARCELEMENT SEXUEL : Un mal qui persiste toujours


Le silence des victimes enterre les cas de harcèlements sexuels au travail. Pourtant, cette pratique est fréquente et elle fait des victimes au sein de la gent féminine tant sur la santé physique que psychologique et constitue un frein au développement économique.

Dans notre société, la femme ne prend pas traditionnellement l’initiative de la conquête, autrement dit, elle ne drague presque jamais. Il est donc difficile pour un travailleur malien d’être pris au sérieux lorsqu’il veut faire comprendre qu’il est victime d’harcèlement sexuel. De façon générale, ce sont les belles de nuit qui peuvent aguicher un homme.
Au Mali, le sujet reste tabou jusqu’au point qu’il n’est pas entièrement pris à part, mais plutôt mis dans la même boîte de la violence basée sur le genre. Par ce que les victimes ont peur de dénoncer ceux qui les harcèlent par peur de représailles ou d’être dénigrées par la société.
Dans le rapport du deuxième semestre 2017 de l’ONUfemme/Mali, 572 incidents de violences basées sur le genre ont été rapportés dont 38 % du nombre total de cas déclarés dans les régions de Gao, Kidal, Mopti, Tombouctou.
Sur les 572 cas de VGB rapportés, 55 % constituent des cas de violences sexuelles dont 7 % de viols et 48 % d’agression sexuelle. 94 % des violences sexuelles sont des abus sexuels sur les enfants dont 14 % constituent de cas de viol y compris les mariages précoces et 86 % des mutilations génitales féminines. Les cas de viols rapportés sont beaucoup plus dominants dans les régions humanitaires que dans les autres.
A cause de la peur des représailles, la stigmatisation, la pression sociale, le coût et la lourdeur des procédures judiciaires ; l’impunité, et le risque de culpabilisation, 79 à 91% des survivants ont refusé la référence aux services d’assistance et juridique et de sécurité.

Les hommes aussi
De nos jours, les femmes ne sont pas les seules à être victimes de harcèlement sexuel dans le milieu du travail ; les hommes aussi par habitude ou du fait de l’usage, les faveurs de ceux-ci sont moins sollicitées par la gent féminine, mais ils sont parfois l’objet de harcèlement de la part des homosexuels (cas qui existe) qui peuvent travailler dans la même entreprise qu’eux.
Ainsi, les actes des commentaires ou des demandes à caractère sexuel dans le cadre de l’emploi sont du harcèlement sexuel, s’ils sont inopportuns ou si le fait des employés ou postulants de se soumettre ou de refuser de se soumettre à de tels comportements peu influencer une décision les concernant.
C’est le cas de ce jeune homme qui a dû stopper son contrat, car il refusait les avances de sa patronne. « Ma patronne me répète souvent qu’elle pourrait vraiment aider ma carrière, si je m’offrais un peu plus. Lorsque je lui ai demandé quoi offrir plus, elle ma répondu que je devrais savoir de quoi elle parle vu que je ne suis plus un gamin. Par refus, je me suis vu licencié du jour au lendemain », raconte A.F secrétaire dans une agence immobilière.
Un autre cas est celui d’Anna comptable et la seule femme dans un service comprenant sept hommes. Ceux-ci lui font souvent des remarques. Parfois ils la frôlent, la serrent ou la pincent.
Selon une étude de Trade Union Congress (TUC), 52 % des femmes dans le monde sont victimes de harcèlement sexuel au travail, mais beaucoup de cas passent entre les boucles de la justice et sous le détecteur de la presse car les victimes préfèrent garder le silence. Seulement 5 % des cas sont portés à la justice afin de préserver leur emploi.
Il est une entorse à l’épanouissement de la femme et au développement économique, car cette pratique a des conséquences néfastes sur la santé psychologique des femmes, puisqu’elle engendre le stress, l’anxiété, la perte de confiance et de l’estime de soi, la colère.
Sur le plan économique, elle nuit à la qualité du travail, cause la perte de son emploi, engendre des évaluations injustes, entraîne souvent un refus d’augmentation du salaire ou de promotion surtout que les centres de prise en charge de femmes victimes d’harcèlement sont rares, voire inexistants. De fait, elles sont obligées d’enfouir en elles-mêmes ce lourd fardeau et de vivre avec.
Le harcèlement sexuel peut prendre des formes diverses : chantage à l’embauche ou à la promotion, menaces de représailles en cas de refus de céder à des avances sexuelles.
Victime ou agresseur, les deux sexes sont concernés et le harcèlement sexuel peut avoir des conséquences sur l’emploi, la carrière, les conditions de travail et la santé psychologique du salarié.
Se servir de sa situation pour obliger les femmes à avoir des relations sexuelles en plus d’être un abus de pouvoir est un viol. Pour le développement de nos pays, combattons ce fléau qui nous détruits a petit feu.
Aichatou Konaré

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