KARAMOKO DIANE, EX GLOIRE DE FOOT : Oublié dans sa cage jusqu’à sa mort !


Malade dans son lit, un SOS a été lancé en mars 1995 sur les ondes de la Télevison nationale afin que celui qui a gardé les buts du Djoliba et des Aigles pendant plus d’une décennie puisse être soutenu moralement et financièrement. Après un long combat contre la maladie, il meurt le 19 Avril 1995 à l’hôpital du Point G. Il s’agit de Karamoko Diané dont le nom faisait frémir la Sierra Léone.

« On le sentait malade. Puisqu’à l’internat il ne mangeait plus au même rythme que les autres », ce témoignage d’un personnel du Restaurant « le Kanaga » de Mamadou Seyba alias Kado, reputé d’être de tous les exploits des Aigles dont la médaille de Bronze à la Can 2012 co-organisée par le Gabon et la Guinée équatoriale, était un signe annonciateur du malaise du portier que fut Karamoko Diané. C’était en 1991, la veuille du match contre le Cameroun, comptant pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations Senegal 1992.

« C’est un garçons qui est arrivée en équipe première du Djoliba. A cette année (saison 1980-1981) avec le départ de Sory Kourouma « Remetter » au Gabon, on avait besoin et il a avec ses collègues répondu aux attentes », déclare d’entrée le premier entraîneur national qui a offert un trophée au Mali, Kidian Diallo.

Ainsi, le frère cadet de l’ancien défenseur du Djoliba Talibé dit Moké Diané, ne tarde pas à s’imposer dans les cages du Djoliba après le départ de Sory Kourouma alias « Remetter » au Gabon.

Le dernier rempart du club de Heremakono était doté d’une vision hors paire, notamment sur les coups de pieds arrêtés dont il avait le secret. « Il avait une grande qualité athlétique et psychologique. Puisqu’on le savait dans ses prises et autres duels avec l’adversaire.

Des qualités qui l’avaient permis d’être appellé en équipe nationale par le sélectionneur Steve Manfred », souligne l’un des précurseurs et Doyen de la presse sportive malienne et membre de la présidence d’honneur du Djoliba, Salif Gaoussou Diarra. Comme lui, son compère dans les buts Ousmane Farota ou le défenseur polyvalent, Yatma Diop, gardent encore en mémoire les qualités de leur ex-coéquipier et estiment qu’il méritait à l’époque tout comme d’autres dans les mêmes situations actuellement, une attention particulière.

Il a fait valoir de ses qualités athlétiques et explosé son talent lors de la saison 1984-1985. Une saison marquée par le premier doublé du championnat à l’actif du Stade malien de Bréhima Gueye, le gardien Modibo Diakité et autres Kabirou Bah.

Pour revenir sur lui c’est Kidian Diallo avec qui on évoque ce gardien de but qui a temps honoré son club et sa sélection.

En 1986, le Mali a été étrillé (6-0) à Abidjan lors des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations, disputé en Egypte. Au match retour de Bamako, le sélectionneur national Kidian Diallo, lui accorde sa confiance en lui confiant les perches des Aigles. « Il a tenu tête et s’en sort dans un après-midi de chien au stade Modibo Kéita en encaissant un but », rappel Kidian Diallo. Un match marqué par des incidents occasionnant la suspension d’une année de nos clubs et sélections nationales par la Caf. La même année, il a permis au Djoliba d’être sacré champion.

Suspendu, le Mali dispute néanmoins le tournoi Amical Cabral de la zone II. Lors de l’édition 1987 à Conakry Karamoko Diané se fait un nom et vint sa grande réputation. En effet c’est ce jour d’une demi-finale de la coupe Cabral, Kara sort le grand jeu et met tout le monde d’accord sur ses qualités.

« Confiants, les sierra-léonais pensent que la coupe leur tend les bras. Une cérémonie est même organisée à la frontière entre la Guinée et la Sierra-Léone où la Coupe sera remise au président Joseph Momoh.

Après le score vierge du temps réglementaire et durant la séance des tirs aux buts, Karamoko Diané bloque trois tirs sierra léonais et le quatrième est renvoyé dehors. « Les journalistes locaux ont cantonné son nom sous le vocal « The goal Keeper number One ». Et depuis son nom est resté gravé à jamais dans les coins et récoins des stades du pays de Seydou Kanu Tibati et autres Bassirou King.

Malade, il se fait rare sur les pelouses. Il a fallu attendre la coupe Cabral 1991 de Praia au Cap-Vert pour le voir à l’œuvre, notamment contre la Sierra-Léone. Un pays qui n’oubliera jamais Karamoko comme au Mali où il a été mis dans l’oubliette même malade malgré les SOS et autres levés de fonds.

Alors vivement le vote de la loi du mérite sportif par les élus afin qu’on n’oublie les ex-gloires de nos différentes disciplines sportives.

Boubacar Diakité dit Sarr

 

 

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