KONIAKARI : Un Tata plein de symboles


Chaque année, le site accueille des milliers de fidèles du Mali, du Sénégal et de la Communauté Oumarienne de divers horizons pour la Ziaara,
Le week-end dernier, le ministre de la Culture, Ramatoulaye Diallo a procédé à la pose de la première pierre de la restructuration dudit Tata.
En effet, de 2005 à 2016, sur instruction du ministre de la Culture, la direction nationale du patrimoine culturel a effectué une série de missions de reconnaissance et de documentation du Tata de Koniakary. Ces missions, à travers la participation des autorités administratives, communales, coutumières locales et religieuses, ont permis de faire l’état des lieux du Tata et d’identifier un projet de restauration dont le montant s’élève à 156 500 161 FCFA.
Le Tata de Koniakari, dans le chef-lieu de la Commune urbaine du même nom, situé à 70 km à l’est de Kayes, a été réalisé en 1855, sous les ordres de El Hadj Oumar Tall (Umar al-Futi ou Omar Seydou Tall), par l’un de ses lieutenants, Thierno Djiby Bane, à la tête d’une vingtaine de maçons venant du Mali et du Sénégal. D’autres tatas du genre ont été également construits par El Hadj Oumar Tall : Hamdallahi, Koundian.
De plan quadrangulaire la structure, une imposante muraille de pierres, mesure 115 m de long pour 107m de large et, par endroits, 6m de haut pour une épaisseur moyenne de 2 m à la base. Les travaux qui ont duré moins de deux mois ont été organisés à la chaîne, de la carrière de pierre située à environ deux kilomètres au chantier. Aux quatre angles de la structure se dressent des tours de guet permettant d’apercevoir l’ennemi au loin.

Menaces et protection juridique
Chaque année, le site accueille des milliers de fidèles du Mali, du Sénégal et de la Communauté Oumarienne de divers horizons pour la Ziaara, grande rencontre de prière et de bénédictions. Durant trois jours, ces fidèles récitent le Saint Coran et égrènent le chapelet en invoquant les noms d’Allah.
Bien que relativement bien conservé, le Tata de Koniakari est aujourd’hui confronté à d’énormes problèmes dont le manque d’entretien, l’urbanisation, les interventions inappropriées (plantation d’arbres fruitiers) et surtout l’érosion due à l’effritement des berges du marigot « Kirgou », sa limite naturelle au nord.
Pour ses valeurs historiques et scientifiques, le Tata de Koniakari avait déjà fait, pendant la période coloniale, l’objet d’une inscription à l’inventaire par l’Arrêté n°4179 du 16 décembre 1954 prononçant inscription des monuments naturels et des sites relevant du ministère de la France d’Outre – Mer. Sa protection a été renforcée par son classement dans le patrimoine culturel national par Décret n°2011 – 839/P-RM du 22 décembre 2011.
A la demande des populations de la Commune de Koniakari et leur diaspora, par l’entremise de Thierno Amadou Hady Tall, Khalife général de la Tidjanya, qui ont toujours montré un grand attachement au Tata, le Ministère de la Culture a répondu favorablement.
Né vers 1794 à Halwar d’une famille d’érudits, près de Podor, dans le Fouta-Toro, actuelle République du Sénégal, El Hadj Oumar Tall, après son pèlerinage à La Mecque entre 1820 et 1836, suivi de plusieurs voyages d’études coraniques, fonde l’Empire théocratique toucouleur (1850 – 1862). Luttant contre l’armée coloniale française, il fait construire le Tata de Koniakary pour servir de retraite aux soldats à l’issue de leurs expéditions guerrières. Le 15 Juin 1890, les troupes françaises, dirigées par le colonel Archinard, s’emparent du Tata de Koniakari.
A.S.

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