MAIRIE DE KALABANCORO : Le préfet bloque la passation de service


Après l’investiture du nouveau maire le 28 avril, le Prefet de Kati, Sadio Keita refuse d’organiser la passation de service entre le maire sortant, Issa Bocar Ballo et le rentrant, Tiecoura Hamadoun Diarra. Des cadres du ministère de l’Administration territoriale seraient à la base de ce blocage. Le ministre Tieman Hubert Coulibaly est interpellé.

Le 28 avril dernier, Tiecoura Hamadoun Diarra, porte-étendard du RPM a été officiellement investi par le préfet de Kati comme nouveau maire de la Commune rurale de Kalabancoro. Il a remplacé Issa Bocar Ballo du Cnid qui a passé 9 ans aux commandes de la mairie.

Après l’investiture du maire entrant, sa prise de fonction est conditionnée à une autre cérémonie qui est celle de la passation de service. De coutume, elle est supervisée par un représentant de l’Etat en l’occurrence le préfet de Kati pour ce qui concerne Kalabancoro. Mais le nouveau maire n’arrive toujours pas à accéder à son bureau.

Des « difficultés » existent dans la passation de service. Le préfet de Kati avait programmé la passation pour le 8 mai dernier. Pour des raisons, dit-il, «  indépendantes de sa volonté« , elle n’a pu se tenir. Un autre rendez-vous a été fixé. Les deux maires ont été convoqués pour le 10 mai dans la matinée. Pour cette seconde fois, le préfet a brillé par son absence, sans aucune explication. Le maire entrant est resté à l’attendre toute la matinée.

Qui bloquent cette passation ? Certaines sources nous apprennent que des cadres du ministère de l’Administration territoire seraient en train de mettre la pression sur le préfet Keita pour que la cérémonie de passation ne se fasse pas.

Tapis dans l’ombre, ces « cadres » seraient à la solde du maire sortant Issa Ballo qui a introduit une requête en révision à la Cour suprême. Cette requête en annulation du procès a été rejetée hier dans la matinée par le juge suprême.

Issa Bocar Ballo avait juré de tout mettre en œuvre pour que le nouveau maire ne prenne fonction. C’est ce qui explique d’ailleurs sa présence dans son bureau à la mairie, malgré l’investiture de M. Diarra. M. Ballo continue à traiter les affaires de la Commune.

L’attitude du préfet de Kati et le déroulement de la situation est suivie de très près par les populations de la Commune. « Nous suivons cette affaire comme du lait sur le feu« , a affirmé, le chef de village de Kalabancoro.

Du côté des jeunes, le comportement du préfet crée un sentiment de révolte et d’indignation. Issa Fofana, un des leaders des jeunes et ses camarades disent prendre à témoin les autorités.

La coordination des femmes des marchés veut que les choses se passent comme prévue par les textes, mais disent rester sur leur garde.  « Nous ne pouvons pas comprendre qu’après l’investiture du nouveau maire qu’un individu prenne en otage le fonctionnement normal de la mairie. Nous ne nous laisserons pas distraire ou intimider par qui que ce soit. Force doit rester à la loi« , averti, Issa Alassane Maiga, le président de la Coordination des associations des jeunes « Sauvons notre quartier« .

L’investiture du nouveau maire fait suite à une longue bataille judiciaire qui a amené la Cour Suprême a proclamé de nouveaux résultats des municipales du 26 novembre. Lesquels résultats ont donné vainqueur le RPM avec 6 conseillers.

En 2009, c’est cette même Cour suprême qui a permis au maire sortant Issa Bocar Ballo d’accéder au poste de maire de Kalabancoro.

Dans d’autres démocraties, en même temps qu’ils se passent les pouvoirs, les maires qui se succèdent se transmettre les dossiers qui concernent les affaires de la Commune. A Kalabancoro, tel ne semble pas être le cas.

A.S.

 

 

 

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