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MALI-GUINEE : 1-0 : Les Aigles gagnent sur le fil du rasoir

En s’imposant (1-0), face au Syli National de Guinée hier au stade de Franceville (Gabon) en match du groupe D de la Coupe d’Afrique des nations 2012, les Aigles ont mis beaucoup d’atouts de leurs côtés. Mais la victoire a été difficile à se dessiner.

La Guinée a dominé les débats. Mais c’est le Mali qui l’a emporté au finish. Pour une fois, les Aigles, tels des roseaux ont plié, mais n’ont pas rompu sous les missiles et attaques incessantes guinéennes.

Soumbeyla Diakité, le gardien de but de l’équipe nationale, a sauvé à maintes reprises ses défenseurs soumis à rudes épreuves par le vieux briscard Pascal Feindouno et ses attaquants, une partie de la première période et quasiment toute la seconde période.

Cependant, l’essentiel est là. C’est la victoire. Le Mali, qui affrontera le Ghana ce 28 janvier, est donc co-leader (3 points) du groupe avec l’équipe des Black Stars. Celle-ci sera notamment privée de l’apport défensif de qualité de son capitaine John Mensah, sorti sur un carton rouge en première heure de la journée face au Botswana.

Dès l’entame de la partie et surtout pendant la première période, les initiatives offensives dans cette rencontre étaient maliennes avec Cheick Tidiane Diabaté et Modibo Maïga qui ont percuté un moment le bastion défensif guinéen. Le Syli National réagira par deux fois par Habib Baldé et Ismaël Bangoura. Celui-ci obligera d’ailleurs le portier des Aigles, Soumbeyla Diakité à sortir le grand jeu (18e). Le match a gagné en intensité après les 20 premières minutes.

Les Guinéens qui semblaient avoir tout donné, ont manqué l’ouverture du score à la 28e. Sur la pression malienne, suivie d’un débordement de Modibo Maïga, qui a centré dans une forêt de jambes, Bakaye Traoré enverra un tir à écorner un bœuf. Le portier guinéen Yattara n’a vu que du feu. Ce fut l’ouverture du score (30e). La mi-temps interviendra sur cette courte avance du Mali. Le score en restera d’ailleurs là.

Force est de reconnaître que les Guinéens méritaient au moins le match nul tant ils ont balloté les nôtres en seconde période. Du début à la fin. La baraka était du côté malien. Mention spéciale doit être faite au trio du milieu composé de Seydou Kéita, Bakaye Traoré et Samba Diakité qui ont pu conserver par moments le ballon et pousser les Guinéens à la faute. Ils ont été appuyés dans cette tâche par un Abdou Traoré qui s’est battu comme un beau diable.

Comme en 2004 quand il arborait le brassard de l’équipe guinéenne, Aboubacar Titi Camara (ministre des Sports du président Alpha Condé) a encore assisté impuissant à la défaite de son pays. Et souvenez-vous en : chaque fois que le Mali a battu la Guinée en phase finale de Can, il a accédé à l’étape suivante de la compétition.

Il en sera ainsi en cette année cruciale pour notre pays. On est ensemble. Prions ensemble !

Boubacar Diakité Sar

(envoyé spécial)

 

Ils ont dit

Michel Dessuyer (entraîneur de la Guinée) :

« Je suis très déçu par le résultat. Je félicite les Aigles pour leur belle prestation. Le Mali s’est accroché et a fait front. Il nous reste encore deux matches et on va s’accrocher nous aussi pour les points et la qualification. Tout le monde reconnaît la qualité de l’équipe guinéenne, mais les attaquants ont par moments flanché. Physiquement on était devant.

 

Soumbeyla Diakité (gardien des Aigles) :

« Je suis content pour mon pays après cette victoire et pour mon titre de meilleur joueur du match. Il est vrai que nous avons obtenu cette victoire dans la douleur, mais il nous appartient de travailler dur, très dur si nous voulons aller plus loin. Contre le Ghana, nous allons nous défendre comme on l’a fait contre les Guinéens ».

 

Bobo Dian Baldé (défenseur guinéen) :

« Nous avons bien joué, mais nous avons perdu. Nous ne devons pas jeter l’éponge. Nous avons des possibilités. Nous pouvons faire quelque chose face au Ghana et au Botswana. Je félicite le Mali pour sa victoire ».

 


POTINS

Générosité

Tous les Maliens qui sont passés par Libreville avec un détour au domicile de Habib Sylla, le président du Haut conseil des Maliens de l’extérieur (HCME), ont dû se rendre compte de la grande générosité de ce Malien, qui vit depuis plusieurs années au Gabon. Il a remis 10 millions de F CFA aux supporters maliens résidant au Gabon, qui sont avec l’Union nationale des associations des supporters du Mali en guise d’appui. Les journalistes et autres Maliens, de passage chez lui ont également eu droit à un appui. Il a payé de sa poche le ticket Libreville-Franceville, qui coûte au minimum 31 500 F CFA pour chacun d’eux. En outre, ils ont eu 10 000 F CFA de viatique pour le trajet. M. Sylla nous a expliqué que son geste répond à un appel de feu le président Omar Bongo Ondimba qui, a-t-il souligné, disait que : « Quand un Gabonais gagne de l’argent, il le partage avec tous les Gabonais ». A méditer !

 

Explosion

L’arrivée du vol d’une partie des journalistes maliens qui couvrent la Can-2012, le lundi 23 janvier 2012, a coïncidé avec l’inscription du premier but des Panthères du Gabon. Ce fut une explosion de joie immense qui a enveloppé toute la plate-forme aéroportuaire. Cris, Vuvuzela, embrassades et « Allez les gars !  » ont salué la libération de tout un peuple qui commençait à douter face à la résistance du Mena National, le Niger, néophyte de la compétition. Nous autres qui étions pressés de remplir les formalités de visa avons dû patienter sous la chaleur de Libreville qui crachait le feu malgré l’air conditionné dans l’enceinte de l’aéroport international Léon Mba. Heureusement, tout est rentré dans l’ordre. Et l’E. N. gabonaise a finalement remporté la rencontre par 2 buts à 0.

 

Liesse

On croyait notre peine finie. Mais le plus dur nous attendait. Après un crochet en ville à la sollicitation du président du HCME, nous prenions le chemin de la gare d’Owendo lorsque l’arbitre de la rencontre a sifflé la fin de la partie. On tapait de tout côté. Les places publiques, les rues et même le goudron étaient aussitôt bondés de monde. Les Maliens Boubacar Kéita (il est de Hamdallaye et vit au Gabon depuis 1985), Dramane Samaké et un autre qui répond au patronyme Fofana qui nous ont conduits ont fait preuve d’une grande dextérité et ont freiné des quatre fers par endroits pour ne pas percuter des supporters saoules de joie. La bière a coulé à flot. Notre confrère Bakary Cissé « Bakci » de Radio Kledu de dire que l’Afrique c’est partout la même chose avec les supporters. Et d’ajouter que « le football a Satan dans son sillage ». Alors automobilistes bamakois prudence. On ne sait jamais.

 

Merveille

Les Plateaux Batéké sont admirables. Entre Libreville et Franceville, le Sahélien ne voit que verdure et paysage entre vaux et monts. C’est impressionnant ! Il paraît qu’ils regorgent de ressources en eau. En tout cas, une société d’eau minérale exploite une partie de ce don de Dieu au peuple gabonais. Cependant, ne vous hasardez pas à consommer de la viande. Ici, il n’y a que de la viande de brousse. Ecureuil, sanglier, gazelle. Et du vin de palme. C’est pourquoi, il nous était difficile d’agréer les offres des vendeuses ambulantes tout au long du parcours qui fait plus de 600 kilomètres. Pas de viande donc puisque le kilo de celle du mouton avec os fait 3 500 F CFA. La pintade blanche, particulièrement recherchée, est vendue à 80 000 F CFA l’unité. Une Can sans viande ! Telle est la recette qui s’impose aux Maliens, habitués à la consommer à tous les coups.

 

Diatigiya à la gabonaise

Le diatigiya (hospitalité en bambara) malien à la Can-2002 a fait tache d’huile. Depuis 10 ans, chaque pays organisateur d’une phase finale essaye d’imiter le peuple malien. Gabon-Guinée équatoriale 2012 ne fait pas exception à cette règle. A Franceville qui accueille le groupe D (Ghana, Guinée, Mali, Botswana), des groupes de supporters locaux se sont constitués pour chacune des équipes en présence. Fanatisme Université (FU) avait fait une dédicace à la formation botswanaise. Il n’a pas baissé les bras un seul instant, malgré que la première équipe qualifiée à cette Can ait été menée par le Ghana. Les supporters maliens qui étaient dans les gradins d’en face à côté des Ghanéens ont donné du tié tiékoulé, tié kofissa, kofissa langa…

 

Vigilance

Ils n’ont presque pas cligné des yeux pendant 180 minutes, durée des deux rencontres d’hier au stade de Franceville. Ils, ce sont les vigiles déployés à l’occasion de la première journée du groupe D. La sécurité était de rigueur et la moindre incartade pouvait coûter cher à son auteur quel que soit son statut puisque la loge officielle aussi était concernée. Ces agents de sécurité se levaient et s’asseyaient en même temps sans une seule fausse note. C’était réglé comme du papier à musique. Malheureusement, ils donnaient dos à la pelouse. Ils ne pouvaient pas se retourner sur un but ou une action d’éclat. S’ils ont été vigilants, ils n’ont rien vu des matches.

 

De Libreville à Franceville

Pour assister aux premiers matchs du groupe D de Franceville, fief des Bongo entre le Ghana et le Botswana d’une part et la Guinée et le Mali d’autre part, le chef de l’Etat gabonais Ali Bongo Ondimba a fait accélérer son emploi du temps de Libreville. Il a par ailleurs prévu, selon une confidence d’assister à presque tous les matches des deux stades, voire les quatre de la compétition. « C’est le chef de l’Etat qui a fait que Franceville abrite la Can », déclare un volontaire. Il était accompagné pour la circonstance du président du Haut conseil des Maliens de l’extérieur, Habib Sylla.

Franceville fait sa mue

C’est hier à Franceville que le groupe D est entré en lice avec deux rencontres. Avant le coup d’envoi du match entre mondialistes du Ghana et le petit poucet du Botswana, la ville avait fait sa mue. Ainsi les grands carrefours de la Commune de Franceville comme Potos, Mbaya, le Centre ou Awendje, avaient un air particulier. Le service de la voirie urbaine, avec le concours d’une formation politique de la place, s’était donné rendez-vous pour assainir la ville et inviter la population à la mobilisation. Même engouement au niveau de certains monuments de la Commune et à la résidence privée de feu El hadj Omar Bongo Ondimba.

Rassemblés par

B. D. S. et A. M. T.HT

(envoyés spéciaux)

Publié par sur 25 jan 2012. Archivé sous Actualités, Sports. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback sur cet article
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