MOUSSA ALASSANE DIALLO : Un banquier d’exception s’en va


A première vue, il est frêle, comme tous ceux de son ethnie. Mais, il a le pas vif, la poignée ferme, le regard franc et perçant. Moussa Alassane Diallo, PDG de la Banque nationale de développement agricole, est un banquier d’exception qui prend sa retraite.

Son parcours atypique a certainement fait de lui un banquier atypique.
En effet, cet agronome de formation ne se destinait certainement pas en premier aux métiers des finances. Et la structure qu’il intègre après son diplôme d’ingénieur agricole se destine justement au financement de l’agriculture et a besoin de jeunes qui s’y connaissent.
De l’encadrement paysan aux finances, Moussa Alassane a développé un style qui lui est propre et qui fait mouche à tous les coups, aidé certainement en cela par un 6è sens, mais également ce regard perçant qui juge et jauge le vis-à-vis dès le premier contact. Avec lui, au premier contact, vous savez à quoi vous en tenir.
Il a également su imprimer à ses relations une certaines franchise qui fait que, à toutes les propositions, c’est oui ou non, sans aller-retour, sans fourberie.
Moussa Alassane a gravit les échelons de la Banque pour se retrouver à sa tête.
Là, sans tambour ni trompette, sans chercher la lumière, il parviendra à imposer une image de banque de proximité, de banque citoyenne.
Grace à lui, la presse et la Banque ont pu développer des rapports d’un genre nouveau au Mali et qui n’existent nulle part ailleurs. Les rencontres annuelles (presse-Etablissements bancaires) qu’il organise à Ségou sont devenues des événements courus par tous les banquiers, qui, pendant longtemps, fuyaient les journalistes comme si c’était des pestiférés. Il a révolutionné les relations banques presse, permis que les journalistes et les entreprises de presse bénéficient de prêts au taux d’un chiffre, amené les établissements bancaires à se doter de services de communications…
Ses réussites vont au-delà de ces seuls aspects. Avec le départ de Moussa Alassane, les juristes de banques, l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBEF) et d’autres structures, perdent à la fois un avocat, un ambassadeur, un allié, un ami. Il a su faire sortir l’APBEF de l’anonymat, au point de la doter d’un siège, d’un budget conséquent et d’une bonne place dans l’espace Uemoa.
La BNDA, reconnaissante, au moment où il prend sa retraite, le nomme président de son conseil d’administration. Banquier paysan, Moussa Alassane Diallo aura été un modèle et un symbole à célébrer.
Alexis Kalambry

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