MOUSSA SINKO COULIBALY : ‘’ Tout sauf IBK en 2018’’


Le général Moussa Sinko Coulibaly a, dans une interview qu’il nous a accordé hier lundi 4 décembre 201, indiqué avoir démissionné de l’Armée malienne pour bâtir et animer un mouvement national dans l’unique but d’empêcher le président IBK de briguer un nouveau mandat. Interview.

Les Echos : Pourquoi cette démission ?

Moussa Sinko Coulibaly : La décision a été sagement murie. Cela fait plusieurs mois que je partage cette réflexion avec beaucoup d’amis autour de moi. Elle est liée au faite que je pense que je suis arrivé au bout d’un parcours et au bout d’une carrière militaire.
J’ai démissionné pour avoir l’opportunité de faire face à d’autres défis et de m’ouvrir d’autres horizons. Le statut des militaires impose des règles de réserve et de limitation d’activités. Si je voulais réellement m’investir dans d’autres domaines, le seul choix qui me restait, c’était de me libérer des contraintes de la charge militaire. Et c’est ce que j’ai fait la semaine dernière. J’ai décidé de présenter ma démission.

Les Echos : Etes-vous satisfait de votre carrière militaire ?

M. Coulibaly : Pour moi, la carrière n’est pas finie même si je quitte ma fonction militaire.
Je peux toujours continuer à servir le pays. Les compétences et les expériences que j’ai ne vont pas disparaitre avec ma démission de l’armée. Je pourrais toujours continuer à contribuer à l’armée, mais la forme et les moments vont changer. La carrière continue donc, mais sous une autre forme.

Les Echos : Peut-on avoir une idée sur vos ambitions ?

M. Coulibaly : Beaucoup lisent ma démission à l’actualité, mes prises de positions sont connues. L’équipe actuelle a montré beaucoup de limites. Des opportunités s’offrent aux Maliens l’année prochaine pour essayer de donner une nouvelle façon de gouvernance à ce pays. Je vais donc contribuer à amener une autre équipe qui pourra nous gouverner plus efficacement.

Les Echos : Est-ce à dire que vous serez candidat à l’élection présidentielle de 2018?

M. Coulibaly : Je suis entrain de mobiliser, de faire en sorte que les Maliens qui aspirent au changement, se retrouvent. Nous devons nous donner toutes les chances pour réussir le pari du changement l’année prochaine. Je suis, pour l’instant, contributeur.
Il y a beaucoup de Maliens plus motivés que moi pour ce changement et chacun travaille de son côté pour cela. D’ici le mois de janvier ou février, nous pourrons faire une convergence pour voir qui sera le mieux placer pour incarner ce changement.

Les Echos : Pouvons-nous nous attendre à un mouvement de soutien à Moussa S. Coulibaly ?

M. Coulibaly : Nous allons mettre en place un mouvement populaire pour essayer de porter le changement tant voulu par tous les Maliens. Cela ne se fera pas sans structure et organisation. Nous réfléchissons sur la forme, la plateforme à mettre en place pour accueillir les personnes physiques, les associations et les personnes ressources. Ce sera ouvert à tout le monde. Nous avons besoin de tout le monde et on n’aura pas besoin de quitter son parti politique ou son association pour rejoindre le mouvement.

Les Echos : Si le mouvement venait à vous choisir?

M. Coulibaly : J’ai dit dans ma lettre de démission que je serais prêt à servir mon pays partout ou besoin sera. Le message est clair. A ce stade, nous sommes à la phase de mobilisation et de fédération des énergies. Après, on saura clairement quelles sont ou qui est l’homme ou la femme susceptible d’être le porte étendard de ce changement.
Pour le moment, le mouvement ne se dessine pas autour d’une personne. Il se dessine autour du « Projet-Mali ». Nous croyons à la réussite et à la force d’une équipe et non à la venue d’un homme providentiel ou d’un génie. C’est pourquoi, nous allons nous assurer qu’il ait une bonne équipe avec des gens sérieux et engagés qui aiment bien ce pays.
Le projet, ce n’est pas pour une personne, mais pour tous les Maliens. Il s’adresse à tous les Maliens, pas pour porter une personne à Koulouba.

Les Echos : Etes-vous le dauphin d’IBK ?

M. Coulibaly : Je n’ai aucun contact avec le président de la République. De notre côté, nous travaillons pour mettre les chances de notre côté, afin de porter une autre équipe dirigeante au mois de septembre prochain.

Les Echos : Etes-vous en contact avec de grands noms de la société civile malienne ou des personnalités politiques ?

M. Coulibaly : J’ai eu des contacts avec la société civile, des personnalités politiques, des associations et organisations du pays, lorsque j’étais ministre à l’Administration territoriale. J’ai continué à garder ces contacts. Régulièrement, nous faisons le constat de la situation du pays. Pour la majorité, rien ne va. Pour eux, il est urgent de se concerter et d’opter pour ce changement. Nous souhaitons qu’il y ait des élections l’année prochaine ; surtout la présidentielle pour élire un autre président qu’IBK.

Les Echos : Si le changement devrait passer par vous, l’accepteriez-vous ?

M. Coulibaly : Je le répète, je suis prêt à servir mon pays à tous les niveaux. Pour le moment, l’important ; c’est de contribuer avec énergie et force à conduire ce changement.

Les Echos : Que répondez-vous à ceux qui pensent que vous ne devriez pas démissionner de l’Armée en ce temps de guerre ?

M. Coulibaly : Il faut que ceux-là comprennent que ma contribution ne s’arrêtera pas dans l’armée. Elle changera de méthode et évoluera un peu. C’est avec le désir de faire plus pour le pays que je n’ai pas voulu rester dans l’armée. Je resterai toujours disponible, si on a besoin de mon expérience.

Les Echos : Et votre lien avec le général Amadou H. Sanogo ?

M. Coulibaly : Nous avons besoin de tout le monde. Nous voulons lancer un mouvement populaire, nous aurons donc besoin de l’appui de tous les Maliens sans exception. Ce n’est pas un mouvement pour une personne, mais pour le Mali. Le projet, c’est le projet-Mali. Ceux qui veulent du changement dans nos écoles, l’économie, la sécurité, seront la bienvenue.

Les Echos : Etes-vous toujours en contact avec lui ?

M. Coulibaly : Je suis en contact avec tous les Maliens sans exception.

Les Echos : Avez-vous une idée sur le nom du mouvement ?

M. Coulibaly : Nous réfléchissons pour l’instant sur le nom. D’ici la fin de ce mois, nous serons fixés sur beaucoup de choses. Nous allons fédérer les énergies dans tout le pays, afin d’être sûrs que les chances seront de notre côté pour réussir le changement.

Les Echos : Vous allez quitter la direction de l’EMP-ABB quand ?

M. Coulibaly : C’est une question de jours. Après avoir quitté l’armée, j’ai saisi le ministre pour qu’il trouve quelqu’un d’autre pour me remplacer à ce poste.

Les Echos : On vous taxe déjà d’être l’homme de la France en tant qu’ancien de l’école militaire Saint Cyr ?

M. Coulibaly : Mon message s’adresse d’abord aux Maliens. J’ai conscience que le Mali en tant que pays a besoin de partenaires. Si on peut avoir de bonnes relations avec tous les partenaires du Mali, je pense que c’est ce qui est souhaitable.
Je ne vois pas pourquoi on se priverait d’avoir de bons contacts avec nos partenaires. Non seulement on a besoin de travailler avec tous les Maliens, mais nous souhaitons inviter aussi tous les partenaires du Mali à venir pour qu’on puisse définir ensemble les pistes de coopération et de travail pour développer notre pays.

Les Echos : Etes-vous en contact avec des chefs d’Etats d’Afrique ou du monde ?

M. Coulibaly : Nous allons nous donner les moyens pour rassurer tous les amis du Mali. Je pense que nous allons leurs expliquer le projet-Mali tout en les invitant à nous aider.
La situation difficile du Mali impacte aussi sur nos partenaires et ça les inquiète. Nous avons besoin d’inclure ces pays dans notre projet. Nous voulons non seulement le développement du Mali, mais aussi les pays voisins voient leur situation évolué.

Les Echos : Que dites vous encore aux Maliens et Maliennes ?

M. Coulibaly : J’invite tous les Maliens et toutes les Maliennes à croire au Mali, en nos capacités. Je les invite aussi à se réunir autour de ce projet pour relever le défi du développement.
Propos recueillis par
Sory I. Konaté

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