PATRIMOINE CULTUREL DU NORD : Le point sur le programme de réhabilitation


La conférence internationale sur les enjeux et défis liés à la protection du patrimoine culturel en zones de conflit a été présidée par le ministre de la Culture, qui avait à ses côtés le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, la représentante adjointe du secrétaire général des Nations Unies pour la Minusma et l’ambassadeur de l’Union européenne au Mali.

Suite à la conférence qui a réuni au siège de l’Unesco à Paris à l’occasion de la conférence internationale d’experts pour le Mali, il a été ainsi décidé de la mise en place d’un plan d’action pour la réhabilitation du patrimoine culturel du Mali et la sauvegarde des manuscrits anciens du Mali.

Au cours de la présente rencontre, il s’agissait de restituer les résultats du programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens du Mali qui mobilise depuis quatre ans une forte attention de l’Unesco aux plus niveaux.

Selon Lazare Eloundou, Directeur adjoint de la division du patrimoine de l’Unesco, il ne s’agit pas seulement de reconstruction de monuments en pierre ou en terre mais des questions d’identité, de dignité, et la manière de contribuer à la reconstruction de la paix au Mali.

« Ce patrimoine culturel reflète la vie des communautés, son histoire et représente un trait d’union entre son passé, son présent et son futur. il constitue l’élément de liaison le plus important entre les communautés. Les mausolées de Saints Tombouctou dont les plus anciens datent du 13e siècle constituent pour elles un rempart psychologique de protection de la cité et occupent une place prépondérante dans l’identité culturelle et les croyances culturelles des communautés locales », a-t-il poursuivi.

Au titre des réalisations, cette mobilisation tant au niveau international que de la communauté locale a permis la reconstruction des 14 mausolées du patrimoine mondial, la réhabilitation des mosquées et bibliothèques de manuscrits anciens à travers un financement de plus de 3 millions de dollars de l’Unesco et de tous ses partenaires.

En ce sens une coopération a été également développée avec le gouvernement du Mali, la Minusma, le Système des Nations Unies au Mali et la cour pénale internationale démontrant le potentiel fédérateur du patrimoine et le rôle important de la culture pour la sécurité et la paix en situation de crise.

« Assurément nous avons de quoi être fier après le travail abattu. Quand il s’est agit de plonger le mental et le moral du peuple malien dans la guerre des abîmes, en s’en prenant de façon physique au patrimoine et à la culture, comme un seul homme, la communauté internationale a mis de côté ses divergences pour se dresser avec le Mali, contre l’agresseur. De Tombouctou à St Petersburg, en passant par Paris, le message a été unique, fort et intransigeant », a indiqué Diallo Ramatoulaye N’Diaye, ministre de la culture.

Malgré ces différentes réalisations, il ressort que certains travaux reste à faire notamment les clôtures des cimetières abritant les mausolées de saints qui n’ont pu être reconstruits et sécurisés, les mosquées qui ont besoin de travaux supplémentaires pour consolider leurs toitures, favoriser le drainage de l’eau et freiner l’ensablement.

A cela s’ajoute des travaux de réaménagement complémentaires de la place de l’indépendance autour du monument Al Farouk.

C’est au regard de ces différents travaux qui restent à faire qu’il a été ainsi décidé par l’Unesco et ses partenaires, la mise en place une deuxième phase du programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens.

A en croire Lazare Eloundou « Les intérêts manifestes manifestés par les premiers partenaires à soutenir cette deuxième phase, à savoir notamment l’Union Européenne et le gouvernement de l’Inde sont très salutaires et laissent augurer de l’optimisme pour la poursuite des activités. Néanmoins, la mobilisation d’autres partenaires est indispensable pour relever pleinement les défis de cet extraordinaire programme ».

Mariam Coulibaly

 

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