PRESENTER UN CANDIDAT A LA PRESIDENTIELLES DE 2018 : Une mission historique pour le CE de l’Adema-PASJ


La question qui tracasse est la suivante : Pourquoi le Comité Exécutif qui est l’émanation de la base ne veut pas porter le débat, de la candidature à l’interne du parti, à la place publique ?

Le Mali du pluralisme démocratique s’apprête à organiser les élections présidentielles 6e séquence après 1992, 1997, 2002, 2007, 2013 et 2018. Cette date marque la fin du quinquennat 2013-2018  du président IBK qui a pris les commandes de notre pays un  4 septembre 2013 devant un panel de chefs d’Etats réunis au stade du 26 mars. Cette élection avait suscité l’engouement, l’espoir du renouveau pour une nation qui venait d’une crise politico–sécuritaire sans précédent. Après 3 ans et demi de gestion, les états major des partis politiques fourbissent les armes, multiplient les conciliabules pour honorer ce grand rendez- vous. Pour les uns, l’heure est aux tentatives de regroupement et pour d’autres, comme l’Adema dont les directions sont sur le point d’implosion pour un oui ou pour un  non (ira ou ira pas). Dans bien de formations politiques, le choix du candidat pour 2018 ne souffre d’aucune ambiguïté. Aujourd’hui, le Comité Exécutif de l’Adema traîne les pas pour la mise en œuvre d’une décision de la conférence nationale à savoir le déclenchement du processus de choix  du candidat à l’interne du parti pour 2018.

Aujourd’hui, le parti Adema après 10 ans de gestion proprement dite et 15 ans d’accompagnement des présidents ATT et IBK peine à se frayer un chemin pour retrouver sa renommée d’antan. Le 25 mars 2017 qui  marque les assises du Pavillon des sports, a été l’occasion pour  les militants Adema venus de tous les coins du monde (55 sections de l’intérieur et 23 sections de l’extérieur) de prendre date avec l’histoire car ils ont solennellement assigné au Comité Exécutif de procéder au choix d’un candidat à l’interne pour les présidentielles de 2018 (Cf Résolutions de la Conférence Nationale). Depuis cette date, les contacts se multiplient, les manœuvres sont entamées pour laminer et saper certains cadres, et une guerre des tranchées dont l’ingéniosité ne peut pas égaler  celle de la grande guerre (1ere guerre mondiale) est ouverte. La question qui tracasse est la suivante : Pourquoi le Comité Exécutif qui est l’émanation de la base ne veut pas porter le débat, de la candidature à l’interne du parti, à la place publique ?

Les militants du parti sont formels qu’il faut à l’Adema son candidat pour 2018 et les raisons avancées sont bien authentiques, ils sont engagés pour la cause car ils croient au projet de société de l’Adema que le peuple malien attend. Le problème est que ceux qui ont en main les destinées du parti : les présidents Tiémoko Sangaré, Empé, Dra Dembélé, Mme Conte (présidente des femmes) et  Lazare Tembely (président des jeunes) et le Comité exécutif en général, en dépit de l’aval des militants, n’arrivent pas à donner satisfaction à la demande des militants. Ce qu’il faut craindre, c’est une rébellion des militants contre la direction du parti qui risquera de ne pas être en phase avec les militants sur cette question de candidature. Et si cela arrivait le bateau Adema grippera et les capitaines de la barque seront tenus pour responsables.

La vérité est que le CE joue arrêté et pour quelle fin ? Rappelons au Comité exécutif que s’il veut verrouiller le débat, l’acte  risquera d’être fatal pour le parti et pour preuve que le contexte dans lequel il a été question d’accompagner ATT de 2007 diffère de loin du contexte d’aujourd’hui. L’orientation choisie par le camarade Dioncounda président de l’Adema à l’époque était bien motivée. Solennellement les militants dans une conférence Nationale tous debout comme un seul homme ont entériné cette décision et la résolution qui faisait état nous renvoyait à l’idée que « l’Adema transforme son soutien politique en soutien électoral au président Amadou Toumani TOURE » tonnerre d’applaudissements. Le mandat dans lequel ce choix nous a engagé s’est terminé par les évènements de 2012 et l’Adema a payé cher la facture de cet accompagnement pendant les élections générales (présidentielles et législatives) de 2013.

Les militants à la base sont fatigués des manœuvres des responsables du Comité Exécutif de l’Adema qui sont souvent tapis à Bamako, coupés des réalités de leurs zones. Ils sont pour beaucoup dans les échecs du parti. La preuve patente est fournie par les résultats des communales du 20 novembre 2016. Il ressort de l’analyse que le parti se porte bien et la plaie de ce parti est le Comité Exécutif qui a de la peine à donner une orientation claire et aux militants et aux partenaires de la Convention de la Mouvance Présidentielle. Il sème le doute et la confusion sur toute la ligne car le choix est simple, soit tranché la question une fois pour tout en désignant le candidat ce qui mettra les militants dans leurs droits et décevra la CMP ou étouffera le processus du choix du candidat ce qui va amener un sevrage (rupture) avec les militants et une satisfaction de la CMP. L’un dans l’autre, le Comité Exécutif est attendu et la question reste très subtile. Aux partisans de la candidature interne du parti, ils doivent comprendre que leurs vœux ne se réaliseront que s’ils ont à faire avec un appareil électoral intégral (un parti entier est gage de conquête de pouvoir) et aux membres du CE qui sont dans les manœuvres de comprendre que s’ils veulent vraiment conforter la CMP pour une brillante élection du président IBK en 2018, ils ne doivent pas offrir un morceau du parti aux partenaires. Et mieux, ils doivent comprendre qu’une Adema divisé n’arrangera pas du tout le président IBK et l’expérience à prouver qu’en 2007 l’Adema uni derrière Dioncounda a été un tremplin dans l’Alliance pour la démocratie et le progrès ADP pour porter ATT au pouvoir en 2007 .

Aux yeux de bon nombre de militants de l’Adema, la présentation d’un candidat à l’interne en 2018 est une mission historique que le Comité Exécutif de l’Adema doit accomplir sans complaisance. Dans l’entendement de certains, un parti est créé pour conquérir le pouvoir et non pour toujours accompagner, position fortement partagée lors de la conférence nationale. Comme pour confirmer un adage du président Modibo Keita : «  quand le principal acteur devient le principal spectateur, le pays devient le festival des brigands », pour d’autres, la présentation d’un candidat par l’Adema aux présidentielles de 2018 n’est pas une question de parti, mais une question du Mali que l’Adema peut bien diriger. Il appartient au Comité exécutif de jouer sa partition.

Il est quand même bien heureux qu’un membre fondateur de l’Adema président du parti, témoin oculaire du choix d’Alpha Oumar Konaré aux présidentielles de 1992, Pr Tiémoko Sangaré soit face à une épreuve de telle grandeur à savoir amorcer et diligenter le processus du choix du candidat de l’Adema à l’interne. Rappelons aux membres du CE, eux qui vivent les plus grandes heures de la vie politique de notre parti qu’ils n’ont pas à vouloir autres choses que de se montrer dignes de l’Adema. Il s’agit de l’Adema, de son passé, de son présent et de son futur dans la vie politique malienne.

Fabou Diarra

Secrétaire politique du bureau national

de la Jeunesse – Adema PASJ

 

One Response to PRESENTER UN CANDIDAT A LA PRESIDENTIELLES DE 2018 : Une mission historique pour le CE de l’Adema-PASJ

  1. KANTE dit :

    C’est tout à fait naturel que l’ADEMA ait un candidat pour la présidentielle de 2018.

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