PRESIDENTIELLE AMERICAINE : Et si Donald Trump inspirait Mamadou Sinsy Coulibaly en 2018 ?


Le peuple américain a préféré à Hilary Clinton, pur produit de l’establishment politique, Donald Trump qui s’est fait une fortune et un nom, totalement en dehors du système et déclare se mettre au service de son peuple. Comme Patrice Talon au Bénin. Mamadou Sinsi Couloubaly, le patron des patrons maliens ou Malamine Koné d’Airness pourraient-ils être tentés en 2018. Et pourtant l’élection de Donald Trump peut être un bienfait pour la gouvernance en Afrique et particulièrement au Mali.

Il faudrait pour le bonheur des Etats que les philosophes fussent rois ou que les rois fussent philosophes. Hé bien, Platon est contredit aujourd’hui par Trump et la philosophie moderne s’accommoderait bien avec cette assertion en remplaçant philosophe par hommes d’affaires à moins que de nos temps les deux termes ne seraient des synonymes.

La problématique de la gouvernance, de la bonne gouvernance, on le voit a été posée depuis la nuit des temps. L’expression aujourd’hui est aujourd’hui galvaudée lorsqu’on applique surtout aux pays pauvres d’Afriques et particulièrement le nôtre le Mali, malmené depuis bien longtemps par les régimes successifs à qui le peuple a bien voulu confier la gestion des affaires de l’état, sa destinée.

Aux Etats unis d’Amérique, le peuple vient de confier pour quatre ans sa destinée à Donald Trump, magnat de l’immobilier qui, pour recruter ses futurs directeurs, a créé une émission de téléréalité en récoltant, comme retombée, une grande notoriété populaire. Il vient d’être élu 45è président des Etats-Unis d’Amérique. Une élection qui semble créer une onde de choc à travers le monde tellement l’homme à un profil atypique avec ses déclarations à l’emporte pièces.

On oublie que la souveraineté populaire s’exerce chaque fois en fonction des circonstances du moment. L’électeur américain avait le choix entre ce novice en politique et celle qui fut first lady il y a un quart de siècle, Sénatrice de New York de 2001 à 2009, candidate démocrate à l’investiture il y a huit ans, Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, bref une figure trop connue de l’establishment politique que le peuple rejette depuis les crises successives au plan national et international.

C’est donc assez logique si le peuple a écouté Donald Trump qui s’exclamait : « mais bon sang, qu’est-ce que vous avez à perdre en votant pour moi. Vous n’avez pas d’emploi, la santé coûte chèr, vos écoles sont délabrées. Mais qu’est-ce que cela vous coûtera d’essayer à la tête de notre pays quelqu’un qui a tout réussi dans sa vie ? , alors que les soupçons de corruption d’enrichissement personnel n’ont jamais cessé à propos de sa rivale Hilary Clinton ».

Ce scénario, on l’a déjà observé au Bénin, lorsque Yayi Boni, atteint par la limité constitutionnelle avait voulu se faire remplacer par Lionel Zinsou alors que Patrice Talon, magnat de l’agrobusiness local, et qui avait largement contribué à son élection à la tête du pays, avait montré sa volonté de prendre les destinées de sa partie en main. L’homme d’affaires fut élu sans fard.

Certes, les contextes ne sont pas les mêmes qu’aux Etats-Unis, mais il importe de noter que l’élection de Patrice Talon et Donald Trump comme président de leur pays respectif présente des similitudes et leurs succès, espérés pourraient augurer la naissance d’une nouvelle génération de dirigeants. Ce sera tant mieux si les peuples s’en sentiront mieux.

La classe politique traditionnelle est de plus en plus décriée un peu partout dans le monde provoquant l’arrivée fracassante de populistes et nationalistes dans la gestion des affaires de la cité. Une situation qui fait peur aux politiciens professionnels, car siffle le début d’un cycle nouveau avec l’anéantissement de leur espèce.

En Afrique, on aura connu jusqu’ici trois cycles depuis les indépendances avec d’abord des nationalistes dont la plupart furent obligés de tourner casaque s’ils n’ont pas été assassinés ou emportés par un coup de force militaire. Puis fut venu celui des collabos, bons élèves de la Françafrique et des institutions de Bretton Woods que le vent de la démocratie balaya.

Depuis les années 90, l’Afrique est gouvernée une nouvelle génération de dirigeants, vieux opposants aux régimes autoritaires voire dictatoriaux, mais qui avec l’exercice du pouvoir suprême se sont révélés moins enclins à suivre les consignes des partenaires, j’allais dire les diktats des Occidentaux. Rappelez-vous les Lissouba, Bagbo, Wade, Konaré etc. Ce cycle des dirigeants démocratiques, intellectuels éclairés tend aujourd’hui vers sa fin parce que la gouvernance a des exigences que seuls les grands discours et la volonté inébranlable ne suffisent pas pour nourrir les espoirs et les espérances du peuple.

Avec des bilans mitigés, beaucoup sont déçus. Et leurs peuples et leurs maîtres occidentaux. On se demandait dans les laboratoires d’idées à Paris, Genève, Londres ou Washington quelle nouvelle race de dirigeants trouver pour que l’Afrique amorce enfin le virage de son développement de telle sorte que l’Occident continue toujours à profiter au mieux des ressources de nos pays. Un moment, il s’était agi de personnalités de la société civile. Mais leur grande proximité avec la classe politique laissait dubitatif. L’arrivée d’homme d’affaires comme Patrice Talon au Bénin a été souligné surtout parce que l’homme avait une revanche à prendre, un honneur et une dignité à restaurer après avoir été accusé, à tort ou à raison de tentative d’empoisonnement sur la personne du chef de l’Etat qui fut son ami.

Aujourd’hui, sensiblement le même cas de figure se produit dans la plus grande démocratie du monde. Un homme d’affaires qui a presque tout réussi est élu face à une politicienne dont les rumeurs de corruption ne sont jamais vraiment tues. On attend la prochaine élection d’un autre homme d’affaires à la tête d’un autre pays pour bien voir si la tendance se confirme ou pas.

Au Mali, pour parler du cas d’étude qui nous intéresse ici, il a été souvent dit que le berger devenu aujourd’hui l’un des équipementiers sportifs les plus en vue en France, confierait à certains de ses proches son désespoir de voir son pays d’origine si malmené par des hommes politiques successifs.

Malamine Koné, fondateur de la marque Airrness serait-il intéressé par la politique ou tout au moins pense-t-il avoir la mission de sauver le Mali en demandant l’onction populaire ? Si rien n’est moins sûr pour son compte, tout peut porter à croire, par contre, que le patron des patrons maliens Mamadou Sinsy Coulibaly, lui pourrait faire l’objet d’appel du pied de la part d’une certaine frange de la société malienne très dégoûtée des affaires qui ont entaché le régime IBK dans des proportions inouïes.

Le Mali d’IBK est décrié sur tous les toits, des étages des quartiers huppés de ACI 2000, Kalaban, Yirimadio, Djikoroni et ailleurs aux huttes des villages les plus reculés. Le régime d’IBK est devenu depuis l’affaire de l’avion présidentiel, le symbole gangrené de la corruption à grande échelle. Pour s’en moquer et les Maliens parlent depuis de « ma famille d’abord », pour dénoncer la vacuité, l’absence de valeur du slogan employé par le candidat « Le Mali d’abord ». Les difficultés de la vie pour les Maliens, le sentiment largement partagé dans l’opinion nationale que ce régime se sert d’abord avant de servir le peuple ont, si l’on ne s’abuse, déjà fait le lit de la défiance des politiques à la prochaine campagne électorale. Il n’est plus étonnant aujourd’hui d’entendre dans les plaintes de déceptions populaires l’appel à « un homme d’affaires qui serait lui, là pour les autres parce qu’au moins il n’aura pas besoin de s’enrichir de voler l’état ».

C’est à Malamine Koné ou Mamadou Sinsy Coulibaly ou plus largement à tout autre homme d’affaires d’écouter ou pas ces cris de désespoir du peuple malien.

Oussouf Diagola

 

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