PRODUCTION DE MANUELS SCOLAIRES ET LIVRES : Un colloque pour lever les contraintes


L’Organisation malienne des éditeurs du livre (Omel) organise en partenariat avec le Projet PAGE, les 13 et 14 décembre 2017 au Centre Haoua Keita de Bamako, un colloque des professionnels du secteur du livre.

Pour donner suite à la réalisation d’une étude commandée sur le secteur du livre au Mali, l’Omel organise, avec l’appui de son partenaire PAGE, un colloque des professionnels de l’industrie du livre au Mali.
Au Mali, les professionnels de l’industrie du livre sont confrontés à des difficultés majeures auxquelles l’Omel va tenter d’apporter des solutions. A cet effet, avec l’appui du gouvernement du Canada, du ministère Affaires mondiales Canada et l’assistance technique du Consortium Agriteam/CODE dans le cadre du projet PAGE, l’Omel a commandé un rapport présentant l’état des lieux du secteur de l’édition, de la production, de la diffusion et de la distribution du manuel scolaire et du livre et un diagnostic de chaque segment de la chaîne du livre.
Au cours du colloque, quatre ateliers thématiques sont proposés : Pour une mise en œuvre effective de la politique sur l’approvisionnement en manuels scolaires ; (état des lieux) ; développement du secteur du livre scolaire au Mali sous l’angle d’un partenariat public-privé (contraintes et opportunités), développement du marché du livre malien dans la sous-région et au-delà ; (défis et solutions) ; politique du livre au Mali (une vision intégrée du développement du secteur).
Il ressort de l’étude que de nombreuses contraintes pèsent sur le secteur du livre au Mali. Jusqu’en 2012, avant la crise politique et sécuritaire, une certaine vitalité était perceptible au niveau de certaines composantes de la filière du livre. La créativité des auteurs de littérature generale était en progression, en relation directe avec les efforts fournis par les maisons d’édition. Selon l’étude, le secteur de l’imprimerie se caractérisait par l’apparition de nouvelles entreprises et l’amélioration sensible de la qualité de leurs équipements en même temps que les imprimeries historiques se consolidaient.
L’impact de l’intervention des projets canadiens était de plus en plus probant auprès des autorités du ministère de l’Education et des éditeurs de manuels scolaires qui ont réalisé leurs plans d’investissements et d’équipements. Certains éditeurs de littérature générale, révèle l’étude « ont réussi à susciter et accompagner l’explosion de la créativité littéraire ».
L’étude cite un ancien secrétaire général du ministère de l’Education, et de nombreux autres cadres du département de l’Education que les auteurs ont rencontré. Selon ses intervenants, « l’un des acquis les plus importants des 14 années (1998-2012) au Prodec se rapporte aux taux d’accès, estimé en 2012 entre 80 et 82 %, avec des disparités filles/garçons, rural/ urbain ou selon les revenus ».
Les mêmes acteurs signalent également que la politique du manuel scolaire a permis d’améliorer les contenus et de mettre fin à la déperdition qui prévalait dans la distribution aux écoles. S’agissant du secteur du livre, l’étude note que le facteur qui a le plus impacté le developpement de l’édition a été la délégation au secteur privé national de l’édition du manuel scolaire.
Les revers, qui, relativement ces constats, sont cependant très nombreux : méthodes pédagogiques jugées inappropriées, baisse de la qualité des enseignants, disponibilité précaire du manuel scolaire, faiblesse notoire des apprenants en français. A ceux-ci s’ajoutent le taux de redoublement et d’excision à la hausse (en terme de statistiques) ce qui constitue une régression par rapport aux standards internationaux, l’absence d’une Commission de validation de manuels scolaires qui soient opérationnelle et dont les instruments (grille d’évaluation par exemple) soient connus des éditeurs, défaut de sensibilisation des programmes de la 3e à la 6e année ainsi que des classes du second cycle, soit la 8e et la 9e année, avec conséquence la mise en danger de tout investissement des éditeurs.
Cet ensemble de constats souligne l’étude induit que la politique du manuel scolaire et du matériel didactique gagnerait à être appliquée à la lettre.
Depuis la crise de 2012, on note un arrêt du financement en provenance de nombreux partenaires techniques et financiers (PTF). Ce désengagement des partenaires est de nature à influer négativement sur le dynamisme des acteurs. « La chaine du livre est entrée dans une phase de grande morosité et il est à craindre un ralentissement, voire un arrêt de leur activités « si les PTF et l’Etat ne replacent pas le livre au cœur des priorités. L’enquête a révélé que la principale librairie du Mali pourrait fermer, en raison de la mévente ».
Aussi, l’inquiétude qui prévaut chez les acteurs du secteur porte sur l’absence de l’Etat dans le financement des projets et programmes. « Aucun projet d’appui au secteur n’a été initié exclusivement sur le budget national ».
Toutefois, l’étude salut l’exemplarité de la constance de la coopération avec le Canada, à travers le PAGE notamment, car « elle pose les problèmes en matière de developpement global ».
Les rédacteurs de l’étude notent que les autorités maliennes doivent s’inspirer de l’exemple de certains pays africains qui ont pu atténuée la crise à cause des politiques publiques qui mettent en place des fonds d’appui et des systèmes de subvention pour le secteur, ou tout simplement des politiques de bibliothèques assorties d’achat de la production nationale.
« Il n’est pas de réponse politique malienne, budget d’Etat à l’appui, qui tente de maintenir le secteur en vie et de promouvoir, il est souhaitable de réfléchir à une formule de Fonds d’aide qui remettrait le secteur du livre dans une dynamique où les professionnels joueraient pleinement leur rôle, avec le soutien des autorités gouvernementales ».
Et de proposer que le Fonds recommandé par les professionnels du livre et du manuel scolaire pourrait prendre la forme d’une structure centrale d’appui à la production de livres, à la librairie, à l’équipement de bibliothèques et aux acquisitions de la production nationale. Il fonctionnerait sur budget d’Etat, avec des règles et des modes de fonctionnement paritaires impliquant les professionnels du livre.
Amadou Sidibé

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