SANTE PUBLIQUE : Les scanners de Bamako en panne


Le constat est amer : à Bamako, tous les scanners des grands hôpitaux sont en panne excepté celui du CHU Point G. Or, sans scanner, il ne saurait y avoir de plateau technique de qualité qui puisse intéresser les radiologues.

Il y a une semaine que le scanner de l’Hôpital du Mali est tombé en panne. Cet établissement sanitaire est venu, dit-on, accroître l’offre de service de nos centres hospitaliers universitaires (CHU) et renforcer le plateau technique du secteur de la santé au Mali.

Et comme un malheur ne vient jamais seul, le mardi dernier, c’est l’Hôpital « Mère et Enfant/Le Luxembourg » qui a vu son scanner mis hors d’état de fonctionnalité.

« Le Luxembourg » occupe aujourd’hui une place dans la santé des populations des communes III et IV. Cette structure privée, qui emploie des centaines de personnes et offre un service de qualité, fait l’objet de beaucoup de sollicitations par les grands hôpitaux de la place pour parfaire leur offre de service.

Il s’agit d’un établissement dédié en premier lieu aux femmes et aux enfants. Il prend en charge toutes les spécialités d’un hôpital public ; à savoir : la gynécologie, la pédiatrie, la chirurgie, la traumatologie… Presque tous les examens y sont possibles. Il s’est doté d’un scanner. Enfin c’est un hôpital qui est résolument tourné vers l’informatisation.

Gabriel Touré, l’établissement de 3e référence, situé au centre de la capitale, n’a pas de scanner depuis janvier 2015. Seul le Point G dispose à ce jour d’un scanner opérationnel.

« Le scanner est indispensable. Depuis qu’il est tombé en panne, nous avons senti le coup. L’impact sur le service est inestimable, puisque c’est l’une de nos ressources principales », déplore Abacar Pierre Ardo Sidibé, directeur financier de l’hôpital « Mère et Enfant ».

Pour lui, cette panne du scanner a un impact négatif, puisque à ses dires, c’était le seul scanner qui fonctionnait à Bamako 24 h sur 24. « Nous étions très sollicités. C’est un coup dur pour la population, un danger évident et majeur ».

Le scanner étudie le cerveau, la cage thoracique, l’abdomen ou encore les os. Il recherche des anomalies qui ne sont pas visibles sur des radiographies standards ou à l’échographie.

Il permet de mettre en évidence des infections, une hémorragie, des kystes, des tumeurs, des ganglions ; localiser avec précision un organe par rapport à un autre, de définir le trajet d’un vaisseau ; guider des ponctions d’organes profonds évitant une intervention chirurgicale.

« C’est une pièce qui manque. Nous sommes en train de tout mettre en œuvre pour que dans les meilleurs délais le scanner puisse être réparé », assure le directeur adjoint de l’Hôpital du Mali qui ne minimise pas les désagréments causés par cette panne.

A l’hôpital « Mère et Enfant », l’on n’est pas très optimiste, puisqu’il n’y a pas de technicien qualifié au Mali pour réparer la machine. « Nous avons recours à la représentation de Toshiba en Côte d’Ivoire pour la réparation. Cela peut prendre plusieurs jours ».

En attendant, les patients qui ont recours à cette technologie devront prendre leur mal en patience. Ou à défaut s’orienter vers les cliniques privées.

Idrissa Sako

 

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