SOCIETES ET ENTREPRISES D’ETAT LIQUIDEES : Les compressés pris en otage


Depuis plus d’un an, les partants volontaires à la retraite et les compressés ne parviennent pas à percevoir leurs indemnités par la faute de leur association.

Dans les années 1980, le gouvernement du Mali, incapable de faire face à ses obligations de payement des salaires, a fait appel au Fonds monétaire international (FMI). Celui-ci a mis en place un « Programme d’ajustement structurel », qui a consisté à inciter des agents de la fonction publique à aller à la retraite « Les partants volontaires », et dans le cadre des sociétés et entreprises d’Etat, à licencier les agents « Compressés ».
Dans le cadre de ces programmes, le personnel des sociétés et entreprises d’Etat qui a été licencié a eu des indemnités de départ et d’autres fonds pour développer un projet.
Les sociétés et entreprises en question sont entre autres : la Sombepec, l’Opération puits, la Sogemork, la Comatex, la Sonarem, l’Opam, l’Odimo, l’Ocinam, la Somiex etc.
Depuis, les compressés et partants volontaires ont régulièrement porté plainte contre l’Etat malien et les gouvernements successifs.
En 2003, le gouvernement a signé un protocole avec l’association des travailleurs compressés du Mali, pour l’application des grosses de justice en faveur des compressés. Le protocole de 2003 n’était d’ailleurs pas le premier en la matière. Il succédait à bien d’autres qui n’ont jamais été appliqués. En 2003 donc, le gouvernement a payé les compressés, mais, il a été révélé qu’il y a eu de leur part une moins perçue, une erreur portant sur un montant de 2 478 789 344 de FCFA.
Pour corriger cette erreur, une commission a été mise en place au niveau du Ministère de l’Economie et des Finances. Ladite commission a proposé un projet de protocole d’accord pour le paiement du montant.
Ainsi, depuis août 2016, le ministre de l’Economie et des Finances a adressé une correspondance au Président de l’Association des travailleurs Compressés du Mali (ATCM). Dans cette lettre, le Ministre lui marque sa disponibilité à apurer les 2,4 milliards de F CFA, mais, veut payer directement aux compressés ou à leurs ayants droit. Dans ce cadre, le ministre a demandé à l’Association des travailleurs compressés du Mali de lui faire envoyer la liste nominative des bénéficiaires avec le numéro de leur compte bancaire. Ce qui n’est pas fait depuis plus d’un an !
En décembre 2016, le ministre est revenu à la charge, sa première correspondance étant restée sans suite. Cette fois, en décembre 2016, il a réitéré la même demande cette fois au Cabinet d’avocat Berthé et Koné associés, représentant les travailleurs compressés. Dans cette lettre, il a été encore demandé le numéro de compte bancaire individuel pour permettre de procéder au paiement. « Le ministère est allé jusqu’à se dire disposé à accepter des numéros orange money ou Mobicash », affirme notre source.
A la date d’aujourd’hui, ni les conseils des compressés, ni le président de l’ATCM n’a fourni les comptes bancaires réclamés.
L’ATCM souhaite plutôt que le montant des 2,4 milliards F CFA soit versé à ses avocats ou à un notaire. Cette exigence de l’ATCM n’est pas partagée par certains compressés qui souhaitent que le montant soit versé dans les comptes individuels des bénéficiaires. On se souvient des dernières polémiques après le payement des travailleurs de Huicoma, dont certains, à ce jour, continuent à déplorer le fait qu’ils ne sont pas payés par l’association.
D’ailleurs, les travailleurs de la Sogemork ont accepté les conditions et déposé la liste des compressés, accompagnée de la liste des travailleurs compressés décédés et leur héritier et les certificats d’hérédité. Malheureusement, ils sont pris en otage par l’ATCM, puisque l’Etat veut tout solder en même temps.
Les questions que l’on se pose sont de savoir ce qui motive le refus de l’ATCM de permettre que le gouvernement paye directement les compressés et leurs ayant droit et si les compressés savent que le seul blocage dans le payement de leur argent vient de leur association, l’Association des Travailleurs Compressés du Mali.
Alexis Kalambry

Un protocole pour sortir du ping-pong
Dans le protocole d’entente que le gouvernement a signé avec l’Association des travailleurs compressés du Mali et 25 représentants de groupements suite à une série de procès intentés par ceux-ci, l’Etat s’engage à régler le solde selon un calendrier de paiement établi par le directeur national du budget.
« Les paiements effectués aux termes du présent protocole sont considérés comme une indemnisation à titre forfaitaire, transactionnel et définitif et n’incluent pas les cotisations sociales qui font l’objet d’un accord entre l’Etat et l’INPS, les travailleurs renonçant expressément à toutes réclamations ».
AK

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